On m'a demandé comment et quand bluffer, et la réponse est plus compliquée qu'elle n'y parait. J'ai pensé que je devais partager avec vous mes pensées. Je sais que ce sujet excite plus d'un car tout le monde aime faire capoter le bluff d'un adversaire.
Qui :
Ne bluffez pas l'imbluffable. Si vous voyez que quelqu'un suit un tapis avec moins qu'une paire haute ou avec une paire haute et aucun kicker, rappelez-vous en ! Ils ne plaisantent pas. Prenez leur argent au lieu d'affabuler sur la prochaine main que vous aurez.
Bluffez ceux qui ne "check-raise" jamais (Le "check-raise " consiste à dire "parole" afin de laisser l'adversaire relancer afin de le sur-relancer derrière) et dîtes "parole" lorsque c'est à votre tour d'annoncer.
Bluffez ceux qui ne paient que lorsque leur main est solide et payez peu.
Bluffez les petits parieurs, à moins qu'ils ne deviennent sournois.
Ne bluffez pas souvent ceux qui seront capable de vous rendre la pareille.
Si l'un des adversaires est capable de bluffer par un "check-raise", ne le bluffez pas.
Bluffez les joueurs agressifs en les "check-raisant", ils feront automatiquement leur mise pour voler le pot (c'est autant de jetons en plus pour vous).
Quand :
- Les espérances de gain ("Pot Odds"). Si lorsque c'est à vous de jouer et que tout le monde a dit "parole" et qu'il y a 200 dans le pot, miser 100 quelque soit ce que vous avez entre les mains est bon si vous pensez que vous pouvez le récupérer 1 fois sur 3 ou plus.
Exemple :
KK998 sont sorties.
Vous avez 23o au bouton. Quelqu'un vous dit "parole". Si vous miser 100, vous gagnerez 200 quand il se couchera et perdrez 100 quand il suivra/relancera. Si le rapport de réussites/échecs est supérieur à 1/3, il est intéressant d'investir.
- Contre les joueurs qui jouent "serré". Vos chances de réussir votre bluff augmentent considérablement.
- Contre ceux qui ne "check-raisent" jamais et qui vous annoncent "parole" ou ceux qui ne paient que lorsqu'ils ont une main puis qui vous annoncent "parole". Ils ne sont pas confiants de la force de leur main. S'ils suivent, misez plus au prochain tour d'annonce !
- Lorsque vous avez des "outs". (Une "out" est une carte qui est succeptible d'améliorer votre main) Un bon moment pour miser est souvent lorsque vous avez quatre cartes pour une couleur ou bien quatre cartes pour une suite voire même les deux. Ceci est appelé un "demi-bluff". Les demi-bluffs correspondent au fait d'avoir autant de chances de gagner la main que de chances de se coucher.
(Il y a égalité d'un point de vue mathématique si votre adversaire se couchera si vous misez.)
- Lorsque le flop est mauvais. 852 sortent au flop, votre adversaire ne joue pas cette merde, sautez sur l'occasion.
- Contre un seul adversaire voire deux qui jouent très "serré". Les chances d'être suivi/relancé sont plus importantes si vous le faites face à plusieurs adversaires.
- Lorsque vous avez l'image d'un joueur "serré". Lorsque les gens pensent que vous ne jouez que de bonnes mains, ils craignent votre force.
- Des paires au flop et personne ne mise après la turn. Un flop habituel qui se prête au bluff est un flop où personne ne mise et lorsque le flop offre une paire haute. Vous pouvez quasiment à coup sûr vous dire que cette paire haute n'a fait plaisir à personne. Faites tout de même attention, misez les 2/3 du pot.
- Lorsque la river est un as. Si vous êtes quasiment sûr que vos adversaire a une paire haute, et ne fait rien sur l'as de la river, il est temps d'essayer quelque chose si la configuration de la partie aurait fait qu'à ce moment là vous auriez relancé au préflop.
Admettons que Q743A soient sortis.
Vous pensez que votre adversaire a la reine. Vous pouvez être raisonnablement certain qu'avec AQ au préflop aurait amené une relance, il n'y a donc que peu de chance que votre adversaire ait AQ, c'est le moment de sauter sur l'occasion !
- En volant les petits blindes. Si tout le monde se couche avant vous et que votre adversaire se couchera avec une relance minimale plus d'une fois sur deux, allez-y.
- En volant les grosses blindes, seulement contre les petites blindes. Si votre adversaire à tendance à miser des mains telles que A2, KJ lorsqu'il est petite blinde et qu'il joue timidement, punissez le au préflop, il se couchera.
- En volant les grosses blindes, contre les adversaires en retrait. Si vos adversaires se sentent faibles avec des paires, AJ ou mieux, faites leur la fête, vous pouvez jouer votre tapis ou vous pouvez miser gros en étant grosse blinde. Ne tentez pas ça contre des joueurs qui sont à cours de jetons, qui pourraient se dire qu'ils n'ont rien à perdre, qui sont des perdants ou des joueurs astucieux.
- Lorsque votre adversaire se couche trop. Invitez le à le refaire.
- Lorsque vous devez réellement gagner un pot. Si vous vous retrouvez à cours de jetons dans un tournois mais que vous avez encore au moins six fois la grosse blinde ou légèrement mieux, tenter le coup est parfois valable contre une table serrée si vous jouez près du bouton.
- Lorsque votre main est très faible et que vous pensez que votre adversaire s'est loupé. Essayez une légère mise, même une petite mise peut faire l'affaire.
Quand ne pas bluffer :
- Un flop avec des As. Si vous êtes suivi, vous jouez un jeu dangereux.
- Lorsque vous avez une main quasiment faite. Pourquoi bluffer avec une deuxième paire ? Votre adversaire ne vous suivra que si vous êtes battable. Sinon vous gagnerez à tous les coups.
- Lorsque quelqu'un est tapis. Les gens ont tendance à croire qu'il faut suivre les joueurs qui sont tapis pour les éliminer et qu'ils auront une main forte au tirage. Pour éliminer un joueur qui est tapis, il faut le battre avec une main forte et non pas avec un bluff.
- Lorsque le flop sort un (ou plusieurs) valet(s) ou bien un (ou plusieurs) 10(s) (ou même les deux !). Votre adversaire a des chances d'avoir une main faite ou bien forte.
- Contre une relance au préflop, en première position après le flop. Le relanceur au préflop crée un pot protégé et le protégera.
- Contre plusieurs personnes qui suivent au flop. Il est difficile de pousser tout le monde à se coucher.
- Contre les joueurs perdants. Ne soyez pas le genre de mecs qui dit : "J'le crois pas, il m'a seulement battu avec un Roi comme carte haute !". De plus, les joueurs perdants se moqueront un peu lorsque vous ferez votre main.
- Lorsque vous avez un tas de jetons moyen, et que suivre un bluff pourrait votre mettre à cours de jetons. Plus de jetons permettent de meilleurs bénéfices et une plus grande flexibilité. Ne risquez pas cette flexibilité!
- Au préflop, lorsque le joueur qui vous précède est à cours de jetons.
Il aura tendance à tenter le tout pour le tout.
- Lorsque votre confiance en vous est faible. Un bluff manqué aura tendance à vous faire croire au tilt (lorsque tout s'acharne contre vous sans que vous ne pouviez rien faire.)
Où :
Bluffer dans des parties où les quantités de jetons sont élevées est généralement plus bénéfique. Même si la quantité de jetons n'affecte en rien les chances du pot, il semblerait que plus le nombre de jetons est important, plus le bluff a de chances de réussir.
Pourquoi :
Si vous bluffez beaucoup, vous remarquerez quelque chose à propos de vos meilleurs mains possibles (nuts). Elles commenceront à être payées plus souvent. Quand vous démarrez une série de bonnes mains et que vous avez une image de perdant, vous aurez toute sorte de personnes qui tenteront de vous avoir sur un bluff. Les gens n'aiment pas se faire avoir et pour cette raison, s'ils pensent que vous bluffez, ils vous suivront. Vous gagnerez plus de pots orphelins (des pots que personne ne semble vouloir), et si vous vous faites prendre, vous pourrez toujours faire comme si vous saviez tout, ils vous prendront pour un singe.
Le bluff augmente les écarts dans les tournois, ce qui est aussi bon car la majorité des gains distribués est pour les meilleurs ! Donc vous gagnerez plus avec un seul premier prix et neufs éliminations que dix résultats "juste dans les gains" ! Ça augmente votre capacité à inciter les autres sur une main qui vous intéresse.
Comment :
C'est mieux si vos bluffs ressemblent à vos mises avec une bonne main. Vos adversaires s'y perdront, et les gens perdus suivent. Au NLH (No Limit Hold'em) la meilleure chose à faire est habituellement de se coucher ou de relancer, lorsque vos adversaires suivent, vous êtes gagnant.
Devriez-vous le dire ?
Vous devriez si vous voulez que vos adversaires vous suivent lors de votre prochaine mise. Si vous jouez contre des joueurs de bonne qualité, vous ne devriez jamais, et en aucun cas le dire. Cela les aiderait à vous lire. Si vous créez un environnement où personne ne montre ses cartes, vous verrez un maximum de choses. Agissez avec précaution, assurez-vous que si vous montrez, vous avez une bonne raison.
Jennifear.
Traduit par Artusamak.
Reproduit avec permission depuis Jennifear.com par Jenny Sullivan. Jennifear donne des cours de poker privés. Pour plus d'informations, www.Jennifear.com, ou en lui envoyant un email à goodtime46@aol.com.
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