Si vous voulez un jour voir à quel point vous vous êtes amélioré en tant que joueur de poker, réduisez votre bankroll à hauteur de celle que vous aviez lorsque vous avez débuté, et voyez en combien de temps vous pouvez la ramener à votre niveau actuel en comparaison du temps qu'il vous avait fallu la première fois. Quand la loi anti-paris est passée aux Etats-Unis (l'UIGEA), j'ai immédiatement retiré presque tous mes fonds dédiés au poker avant de voir comment cela allait se passer. Cela m'a évité d'avoir de l'argent bloqué n'importe où. Ca a également tué ma bankroll.
Au début de cette année, j'ai recommencé à jouer avec les 60 $ et quelques qu'il me restait sur Absolute Poker et j'ai commencé à reconstruire mes finances. J'ai passé la barre des 1000$ en réussissant quelques gros coups au NL100$ vu que tous les pigeons s'y retrouvent en force le week-end. Mes mains ont tenu, et j'ai été capable de me construire une bankroll de plus de 1000$ en 6 mois environ, contre plus de 2 ans la première fois que je l'avais fait.
D'accord, j'étais un total crétin pendant les six premiers mois de ces deux années. Je ne pense même pas que j'avais lu ne serait-ce qu'un livre durant cette période ; je me contentais juste de jouer un jeu qui me semblait correct. J'ai un diplôme secondaire en math, donc je n'étais probablement pas un pigeon parfait, mais mon jeu était quand même horrible. Cette fois ci, c'était réellement différent. C'est venu plus vite, mais c'était aussi plus difficile.
Je crois que j'ai un peu ressenti ce que Chris Ferguson doit ressentir pendant son expérience des 10k$. C'est vraiment difficile de revenir en arrière aux micros limites et d'y jouer convenablement lorsque l'on a connu les limites élevées. Jouer en NL 0.05/0.10$ était franchement pénible, tout comme les SnG de 1$ à 45. Je ne peux qu'imaginer ce que ce doit être de partir des plus hautes limites pour redescendre aux plus basses. Je tire mon chapeau à Chris pour son aptitude à se focaliser et à poursuivre son expérience. Ca doit être franchement brutal parfois.
J'ai également remarqué une chose cette fois ci, c'est que les joueurs ne sont plus aussi mauvais qu'ils l'étaient dans le temps. Je pense que l'UIGEA y est pour quelque chose, mais aussi qu'il est évident que je ne suis pas le seul à avoir lu quelques livres traitant du poker. Presque tout le monde sait faire des 'continuation bets' maintenant, et la plupart des gens sont capables de calculer le montant de la mise à effectuer pour décourager les tirages. J'ai du modifier mon style de jeu de ce fait, et la plupart de ceux qui jouent déjà dans des limites plus hautes connaîtra peut-être déjà ces mouvements. Mais peut-être que vous trouverez ces quelques conseils utiles malgré tout. Voici quelques unes des manières d'ouvrir mon jeu que j'ai utilisé récemment et qui ont été efficaces en NL100$, NL50$ et en dessous.
Relancer la mise de continuation
Comme je le mentionnais plus haut, beaucoup de gens savent aujourd'hui placer une mise de continuation sur un flop lorsqu'ils ont relancé pré-flop. J'ai commencé à observer de prêts qui étaient ces gens, et j'ai tenté de relancer ces mises de continuation de temps en temps, sur des tableaux non piégeux et lorsque j'avais la position sur ces joueurs. Beaucoup d'entre eux ont appris dans certains livres qu'ils pouvaient faire une mise de continuation s'ils avaient relancé pré-flop, et ce même s'ils ont complètement raté le flop. Cependant, la plupart d'entre eux ne savent pas gérer la situation lorsque vous les contrez, et la plupart vont passer s'ils n'ont rien touché. Voler ces 'continuation bets' peut vous permettre de gonfler votre tapis entre deux grosses mains.
Rester à flot
Il s'agit d'une variante du mouvement précédent, où, au lieu de sur-relancer sur le flop, vous payez simplement (vous restez à flot - ndt : float en anglais -) afin de voir ce que fera votre adversaire sur le tournant. Cette tactique fonctionne mieux, à mon avis, lorsqu'il n'y a qu'une carte au flop entre le 10 et l'As, du fait qu'il y a moins de chances que votre adversaire l'ait touchée. Si votre adversaire a tenté sa mise de continuation en ayant complètement manqué le flop, il checkera certainement sur le tournant si sa main ne s'améliore pas. Cela vous laissera la porte ouverte pour miser et lui subtiliser ainsi le pot. Beaucoup de joueurs ont compris le principe du 'continuation bet', mais sont complètement perdus lorsqu'ils ne touchent pas une grosse main. Ils ne peuvent pas se résoudre à tirer une seconde salve avec une main marginale, et vous ferez coucher pas mal de paires médianes en misant ici, car ils auront trop peur de la carte supérieure sur le tapis.
Relancer à votre tour
Je fais ce coup depuis assez longtemps, mais je pense que c'est une tactique importante aux limites les plus faibles. Si j'ai la position sur un joueur que je perçois comme étant assez faible, je vais souvent sur-relancer un 'continuation bet' avec des mains à tirages. Si je suis sur-relancé, j'aurai certe une décision difficile à prendre, mais le plus souvent, aux limites auxquelles je joue (NL100$ et en dessous), le relanceur d'origine va payer et checker sur la turn s'il n'améliore pas sa main (ce qui arrive le plus souvent). Cela me permet de voir la rivière gratuitement si je ne touche pas mon tirage sur la turn. Cela déguise également votre main lorsque vous touchez sur le tournant, vous permettant de soutirer plus d'argent à votre adversaire sur la rivière.
Jouer les tableaux à tirages avec culot
Ce mouvement est complètement dépendant de la situation, et vous ne devez le tenter que lorsque vous savez que votre adverdaire est capable de se coucher. Je ne le tenterai également que si j'ai une image de perdant à la table. Lorsque ces conditions sont réunies, je vais à l'occasion jouer les flops à forts tirages lorsque je suis en tête à tête et que j'ai la position sur mon adversaire, et ce même si je n'ai pas les cartes correspondant aux tirages. Quand je tente ceci, je considère mes outs comme étant les cartes qui rendraient ma main plus forte que celle de mon adversaire, PLUS les cartes permettant de compléter un tirage. Si vous savez que votre adversaire pourrait bien passer, vous pouvez miser ou le relancer et le pousser en dehors du coup si un tirage se complète sur le board. Ce coup est par nature très Loose-Agressif et donc très aléatoire. Cela peut amener d'assez gros revers quand ça ne marche pas, mais cela peut également rapporter assez gros. Cela dit, je le fais très rarement. Le moment que je préfère pour le lancer est celui où j'ai décider de changer de rythme et où je peux montrer mon bluff afin d'inciter à l'action plus tard.
Ces coups sont tous assez connus aux hautes limites et ont probablement déjà été expliqués bien mieux ailleurs, mais avec un peu de chance, vous trouverez un ou deux bouts d'information utiles. Ces aspects du jeu continuent d'être assez rentable pour moi en NL100$ et en dessous. Sachez toutefois qu'il y a certains joueurs qui vous repéreront sur ces coups, même à ces limites, vous devez donc bien choisir vos victimes. Comme cela a déjà été répété dans chaque blog ou livre traitant du poker et du cash game, le choix de la table est très important. Trouvez les joueurs faibles, et montrez leur comment on joue à ce jeu.
Matt Silverthorn est un joueur amateur de poker de Gaithersburg, dans le Maryland. Il écrit régulièrement sur son blog : mattonpoker.blogspot.com.
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