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Revue du film "Lucky you"

Si vous ne vous êtes pas précipité dans les salles pour voir le dernier film sur le poker de chez Warner Bros., vous etes chanceux.

Ce n’est pas que le film inspiré par le boum du poker ne fait preuve d’aucune originalité – il a ses moments – mais malheureusement, « Lucky you » est rempli de trop de clichés et de scènes prévisibles pour pouvoir se qualifier au dessus de la moyenne pour un film sur le poker.

Pire, il n’est pas vraiment facile de se sentir proche de l’acteur principal. Huck Cheever (Eric Bana) sonne comme une tondeuse à gazon en promotion vendue tard la nuit chez QVC, et est un pauvre joueur de poker opprimé de Las Vegas ayant plus d’ambition et de mauvaises habitudes que de talent. Souvent laissé avec de grands espoirs et les poches vides.

Quels que soient les compétences qu’Huck apporte à la table, elles seront contrecarrées par sa nature impulsive et autodestructrice. Sans compter qu’Huck ne peut pas échapper à l’hombre de son père LC Cheever (Robert Duvall), 2 fois champion du monde et qui fait son apparition a chaque tournant du film – et rivière par la même occasion – pour rappeler a son fils que son vieux père a toujours son numéro.

Le film débute avec Huck mettant tout son argent en jeu sur un brelan de neuf contre le tirage quinte et couleur de son père, notre héro perd toute sa bankroll quand la river amene un carreau à HC Cheever pour une couleur gagnante. C’est juste un signe des choses a venir pour notre estimé protagoniste qui ne semble pas pouvoir gagner et perd … et perd encore plus.

Pendant qu’il essaye désespérément de gagner un siège dans l’événement principal de 2003, Huck démarre une romance avec une jeune chanteuse de cabaret nommée Billie Offer (Drew Barrymore). Mais ce qu’il aime par-dessus tout, c’est tout risquer et se ruiner, et comme la plupart des joueurs dégénérés, il ne peut pas s’en empêcher.

Notre héro subi une série de bad beat incommensurable, incluant sa victoire dans un super satellite révisée pour une faute de donne à la river. Vous vous en doutez, la nouvelle river est un 8 qui permet à son adversaire de craquer la paire de 10 de Huck avec sa paire de 8.

Si réussir un tirage à 2 cartes sur une nouvelle donne n’était pas assez, Huck perd un pari de 10 000$ lorsque son putt pour le par de 1,5m tombe dans le trou 2 secondes après les 3 heures de temps qui lui était alloué pour courir 5 miles et faire un parcours complet de golf.

Clairement, sa chance ne pouvait pas être pire … ou pouvait-elle ? Pendant que l’intrigue arrive à ce qu’il semble être une inévitable apogée, vous vous demandez s’il va y avoir une sorte de renversement créatif assez crédible pour amener le film hors des sentiers battus et transformer les Cheevers en Beaver Cleavers (référence a un sitcom Américain)

Okay, il y a un renversement, disons que notre héro trouve un moyen plutôt pas ordinaire pour jouer la plus belle main de sa vie, nous sommes amené a croire que sur cette main finale huck se fait pardonner les défauts de son caractère et montre le cœur d’un vrai champion.

Peu importe.

A part la conclusion un peu bizarre et d’abondante de clichés sur le poker
(« L’argent est juste un moyen de tenir le score » … « est ce que tu essayes de bousculer la table »), « Lucky you » comporte quelques scènes qui en valent la peine.

La scène d’ouverture est parmis les meilleures. Huck arrache un extra 50$ d’une boutique revendeuse d’occasion en attrapant la vendeuse en train de bluffer, prétendant posséder les boites des appareils photo numérique à vendre. Il y a quelques lignes intelligentes ici et là qui font sourires.

Du point de vue d’un puriste du poker globalement le film passe le test. Il n’y a pas de flagrante erreur dans l’application du règlement ni dans le comportement des joueurs, même si la règle d’un joueur par main semble être enfreinte quand Huck reçoit un conseil de son père sur le se tenant sur la rembarde pendant le jeu d’une grosse main.

Les gros plans des flops tombant sur le tapis et la vue exclusive des cartes des joueurs donne un aura de grand poker, mais en réalité le niveau de jeu ne l’est pas. Pour du NL Hold’em c’est sur, il y a beaucoup trop de relance minimum.

Peut être pour ajouter de la crédibilité à son jeu cash et pour les scènes de l’événement principal, le film étale la crème des tops professionnels jouant des petits rôles. Incluant Barry Greenstein, Chau Giang, Ted Forrest, Jennifer Harman et Daniel Negreanu.

On y voit même John « World » Hannigan faisant la table finale de événement principal en tant que Ralph Kaczynski (voyez ici une blague à propos de L’Unabomber). Son nom ridicule nous dit quelque chose a propos du film : un couple de Cheevers et un Kaczynski bataillant pour la gloire au poker.

Chance a nous.

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