Partie en shorthanded à 40-80$ au Bay101. J'étais de grosse blinde avec As-Dix. Le bouton à ouvert en relançant. La petite blinde a passé. J'ai payé. Tête à tête.
Le bouton était l'un de ces types qui misent avec leur langue, pas avec leurs mains. Lorsque c'est à lui de jouer, et qu'il a l'intention de miser, plutôt que de mettre ses jetons dans le pot, il dit d'abord "je mise", et ensuite il pousse ses jetons. Il ne fait pas ça tout le temps, mais quand il commence à le faire dans une main, il a tendance à continuer à le faire pour le restant du coup. Une sorte de rythme et de scénario se met alors en place, et maintenant, nous en connaissons tous les tenants et les aboutissants.
Le flop a donné 9-4-3 multicolore. J'ai fait parole. Il a dit : "je mise". J'ai payé. Et ensuite il a mis ses jetons.
La turn fut un 3. J'ai fait parole. Il a dit : "je mise". J'ai payé. Et ensuite il a mis ses jetons.
La rivière fut un Valet. J'ai fait parole.
C'est là que le temps fit une pause.
S'il avait dit, "je mise" dans le tempo, alors j'aurai peut-être passé tout de suite, ou j'aurai pu attendre qu'il pousse réellement ses jetons avant de me décider. Je ne savais pas encore à quel moment j'allais me décider.
Si j'avais prévu de payer sans attendre, alors j'aurais misé mes jetons avant même qu'il ait poussé les siens, comme sur les autres cartes, et alors il aurait retourné sa main, même s'il n'avait rien eu. Ca se serait passé comme cela. Si sa main était meilleure que la mienne, je me serais couché et il aurait pris le pot sans même avoir à mettre sa dernière mise dedans. Si j'avais retourné ma main, après qu'il ait fini de retourner la sienne, alors nous aurions attendu qu'il mette lâchement les jetons au milieu, quatre à quatre, avant que le croupier ne me les transmette. C'est comme cela que se déroule la fin du coup d'habitude, c'est écrit et c'est bien comme ça.
Mais ça n'est pas ce qui s'est passé.
Ce qui s'est passé c'est.
Le moment du tempo s'est écoulé.
Soudain, je vivais dans un lieu ou le temps qui passe avait son propre sens, en plus de celui induit par les sons et les gestes qui avaient leur propre existance en même temps. Et tout ce sens qui s'additionnait n'avait qu'une signification pour moi, cete fois là : j'avais la meilleure main.
Mais il n'avait pas dit, "je mise", pas encore.
J'ai décidé de payer s'il le faisait.
Un autre moment élastique passa.
Je suis devenu plus fort, de quasiment sur à vraiment sur à inexplicablement certain. J'ai décidé autre chose. Si il disait "je mise" maintenant, j'allais faire un check raise. Juste pour le faire passer, une fois de plus. Juste pour gagner sans avoir besoin de montrer ma main, encore.
Allez, vas-y.
Dis-le.
Je t'en prie.
Vas-y.
Fais-le.
Tire.
Prend ton flingue.
Et meurs.
Ou bien tourne les talons.
Et fuis.
De toutes façons.
Tu perds.
La seule inconnue maintenant.
C'est combien.
…
…
…
D'un seul coup il s'est effondré et s'est couché. Il était dernier à parler sur la rivière, j'avais déjà fait parole et il n'a même pas pris la peine de checker pour voir ce que j'avais. Il s'est juste couché. Peut-être qu'il a senti ma montée en puissance.
Je le serai toujours plus. Il y en aura toujours plus. Entraine-toi.
Tommy Angelo est un joueur professionnel à plein temps depuis 1990. En 2004, il a développé un vaste programme de coaching en un contre un, tête à tête. Sur les 3 années qui ont suivi, il a pris 50 candidats. En Juin 2006, il a tout arrêté pour écrire un livre. Celui-ci, intitulé "Eléments de Poker", sortira en Octobre 2007. Les détails du programme de coaching de Tommy est disponible sur son site web : www.tommyangelo.com
| Commentez | Traduction |












