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Review de "Oups j'ai gagné trop d'argent" ("Oops I won too much money") de Tom Schneider

N’importe quel joueur qui passe d’être surnommé « The Donkey » (l’âne) à être nommé Joueur de l’année au WSOP a droit à un peu de mon respect.

Enfin, jusqu’à ce qu’il ouvre la bouche.

Quel dommage, car Tom Schneider a vraiment eu mon attention pour une minute. Et il a eu l’opportunité d’ajouter un point de vue de valeur à la communauté pokérienne avec son histoire « de Monsieur Tout-le-monde à Champion de Poker », qui aurait pu fournir aux lecteurs un aperçu de sa vie d’affaire, son éthique de travail et comment tout s’est passé pour lui au poker.

A la place, arrogance, élitisme, et sexisme à revendre sont les axes constituants « Oops I Won Too Much Money » (« Oops, j’ai gagné trop d’argent »), la tentative ratée d’un livre autobiographique sur le business / le poker. Après avoir lu cette absurdité, ma première pensée fut « Oops … je viens juste de gaspiller trois heures de ma vie que je ne reverrai jamais. »

Je pense que j’aurais pu m’en douter après avoir vu une émission récente sur le poker, dans laquelle on voyait l’auteur portant une casquette de baseball avec un logo portant le nom de son livre. On ne voit pas David Sklansky se baladant avec un chapeau estampillé d’un « Theory of Poker ». Schneider ne semble pas avoir d’autres buts avec son livre que de tapoter son ego ; et lorsque vous avez gâchez votre temps à le lire, la tentation est grande de lui dire de taper autre chose.

Ne vous trompez pas, Schneider est un homme intelligent qui n’a vraisemblablement pas rencontré le succès par accident. Si vous ne me croyez pas, demandez-lui. Ou alors lisez juste une page de sa blague de livre. Le problème est qu’il gâche le temps et l’argent des enthousiastes du poker qui prennent ce livre dans l’espoir de trouver des bouts d’inspiration, des conseils et des ficelles pour atteindre le succès. Vous finissez par croire qu’il a engagé quelqu’un pour terminer le livre, parce qu’il y a de bonnes chances qu’il s’est cassé le bras à force de se tapoter le dos.

« Oops » est rempli d’attaques contre les chômeurs, les pauvres, les femmes et tous les humains que Schneider juge être moins intelligent que lui. C'est-à-dire tout le monde.

Par exemple, on trouve dans un chapitre : « S’il y a une chose que j’aimerais que les femmes retiennent de ce livre, c’est d’arrêter de se plaindre de leur poids ou de leur look à leurs amies moches et grosses. » Même si cette tirade mérite tout de même un léger sourire, qu’essaie-t-il vraiment de dire ? En fait, la conclusion est de toujours mettre vos problèmes en perspective, mais l’auteur aurait pu le dire sans sous-entendre que toutes les femmes attirantes ont besoin de copines repoussantes. Il déclare également que le divorce « est une chose terrible », mais cela ne devrait pas perturber ce qui reste le plus important, selon son point de vue : faire le plus d’argent possible avant de mourir.

Juste quand vous commencez à penser que « Oops » a vendu son âme au diable – ce qui est à peu près vrai durant tout le livre – Schneider paraît changer d’orientation vers la fin du livre où il écrit un chapitre sur l’importance de la générosité. Mais ses exemples sonnent faux. L’auteur se remémore une histoire dans laquelle le meilleur ami de son père a une fois donné un billet de 100$ à un jeune homme devant une épicerie, que clairement la chance avait laissé tomber. Cependant, Schneider n’arrive pas à penser à une anecdote qui suggérerait qu’Il ait jamais été généreux envers qui que ce soit.

En cherchant les points positifs, Il est vrai que « Oops » possède des chapitres rapides et faciles à lire donc, si certains vous ennuient, au moins vous savez que c’est bientôt fini. Et certains de ses conseils peuvent s’avérer utiles dans le monde des affaires, comme choisir avec précaution avec qui vous faites des affaires et les accords qui peuvent en découler. Mais dans l’ensemble, « Oops » a trop de défauts pour être considéré utile.

Et c’est vraiment dommage parce que, pour vous dire la vérité, je voulais aimer ce livre. Schneider a fait ses débuts sur la scène américaine du poker en atteignant la table final d’un WPT au Hilton de Reno il y a quelques années. Durant l’émission, le commentateur Vince Van Patten explique que les autres joueurs ont donné à Schneider le surnom de « The Donkey » (l’âne), et, pour des raisons inconnues, cet homme d’affaires de l’Arizona n’a pas l’air de s’en soucier. Bien sûr, Van Paten ne ratait jamais une chance d’utiliser le surnom dès que Schneider avait une main, et l’attitude plutôt décontractée du joueur par rapport à tout ça vous donnait envi de vous ranger de son côté. Il a finalement terminé troisième.

Schneider donnait l’impression d’être un des innombrables bons amateurs qui font une apparition télévisée en table finale et dont on entend plus parler ensuite. Mais il a surpris le monde du poker cet été en gagnant deux WSOP et en terminant quatrième dans un autre pour finalement gagner le convoité titre de Joueur de l’Année.

Donc au moins ça, ça marche pour lui. Malheureusement, son incursion dans le monde de l’écriture n’est pas un aussi retentissant succès.

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